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La guerre
de 1998-2003 qui fit rage au Congo nous rappelle
combien il est nécessaire pour toute nation de
pouvoir se défendre et dissuader ceux qui voudraient
lui faire la guerre. Avec cela en toile de fond,
faut-il encore douter la nécessité de renforcer les
capacités militaires d’un pays?
La réponse à cette question dépend de plusieurs
variables, tels que la faiblesse apparente du
gouvernement congolais et de ses forces armées, la
soif des ressources naturelles présentes au Congo,
et l’explosion démographique des pays voisins.
Le
scandale géologique qu’est le Congo, est et restera
une source de convoitise pour les voisins immédiats,
comme pour les pays occidentaux, voire même
asiatiques, et mafieux. Cette conjoncture s’augure
mal pour le Congo, car étant déjà affaibli, le
gouvernement doit faire face
à
de fortes pressions : 1) réguler ses richesses
naturelles, dont certaines sont exploitées loin de
sa supervision. Ce qui fait dire
à
certains que le pays est immense et ingérable dans
les conditions actuelles ; 2) jouer
à
l’autruche et prétendre que la situation est
stabilisée, alors que c’est loin d’être le cas.
Dans les
deux cas, l’état doit se raffermir
afin
d’être la seule force légale et souveraine au Congo.
Tout devrait passer par le gouvernement, soit
central ou provincial. Pourtant, ce n’est pas encore
totalement le cas. La porosité des frontières et la
faiblesse des institutions font que le pays reste en
proie aux forces exogènes qui sont attirées par
l’appât du gain rapide. On entre au Congo comme dans
un moulin, et on y sort avec des richesses sans
rendre de compte à qui que ce soit, du moins dans
les cas les plus rares et extrêmes. Beaucoup de
progrès ont été réalisés, mais il reste encore des
failles dans le système.
La
démographie galopante des pays voisins, surtout ceux
de la région des grands lacs est un facteur à ne pas
négliger.
Récemment,
les leaders du Rwanda et de l’Ouganda se sont
rapprochés
de l’occident dans une coopération dimorphe aux yeux
des observateurs car elle se situe sur plusieurs
axes. Le cas saillant et qui concerne directement le
Congo est l’exploitation des ressources minières et
la géopolitique. Le Congo est bien placé
pour reconnaitre ce jeu, qui fut l’apanage de Mobutu
pendant la guerre froide.
Dans ces
entrefaites, les armées de l’Ouganda et du Rwanda
sont formées, entrainées et équipées par les
occidentaux. Rétifs d’intervenir directement en
Afrique, les occidentaux préfèrent utiliser les
forces locales pour faire le ‘dirty job’. Ces
dernières, dans le cas du Rwanda et de l’Ouganda,
combattent pour des intérêts divers dans les coins
chauds de l’Afrique, comme au Sud Soudan, au Congo,
en Somalie, et d’autres lieux encore.
La
formation de ces forces paramilitaires ou
miliciennes est un danger pour le Congo, dont
l’armée est sous-équipée et sous entrainée. En 1998,
le Zimbabwe et d’autres pays vinrent au secours du
Congo lors de la soi-disant guerre mondiale
d’Afrique. Mais dans l’hypothèse d’une future guerre
au Congo, nul ne sait si des pays comme le Zimbabwe
pourraient venir au secours du Congo. Et puis
stratégiquement il serait erroné de faire confiance
dans la force des autres pour défendre nos intérêts.
Il faut briser cette dépendance militaire, et le
plus tôt serait le mieux.
Dans
l’hypothèse ou les pays comme le Zimbabwe seraient
incapables de sauver ce ‘géant aux pieds d’argile’,
les tentatives d’annexion de l’est du pays ou même
du Congo entier, ne sont pas si difficiles
à
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imaginer.
Que feraient ces forces militaires, paramilitaires,
rebelles, après la stabilisation de la Somalie, par
exemple ? Que feraient-elles après avoir mis fin au
LRA ?
Ce sont là
des questions à poser, surtout que le Congo a déjà
subi une invasion, qui lui a presque couté sa
souveraineté. Il ne faut pas oublier l’histoire et
surtout perdre de vue le fait que le Congo est
convoité
pour les raisons mentionnées plus haut. Il faut que
les leaders congolais adoptent une pensée
anticipative et évitent
à
tout prix d’être pris de court ou d’improviser.
Dans cette
perspective, le Congo devrait-il s’armer et former
une force militaire d’envergure pour enrayer toute
attaque éventuelle ? La réponse est claire, OUI.
Le
problème ne date pas d’aujourd’hui, et
à
mon avis, les leçons de l’histoire n’ont pas servies
aux congolais.
Mobutu déjà, n’avait pas une forte armée.
Lors des guerres dénommées Shaba I et II, les
européens avaient du venir étayer son pouvoir. En
1997, c’est la faiblesse de son armée qui a facilité
sa chute. Par
voie de conséquence, l’invasion de 1998 fut
presqu’un jeu d’enfant pour les pays envahisseurs.
En 2001,
l’ONU publiait un rapport sur les exploitations
illégales des mines du Congo, pointant directement
du doigt le Rwanda et en moindre partie l’Ouganda.
Comment est-ce que ces deux pays sont devenus
exportateurs de coltan et d’or congolais, pour ne
citer que ces deux minerais ? Dans son discours de
Janvier 2009 devant les ambassadeurs, le président
français, Nicolas Sarkozy a déclaré
que le Rwanda et le Congo devaient ‘se partager les
richesses naturelles pour une paix durable dans la
région des pays des grands lacs’. Ces propos
causèrent la stupéfaction des africains, surtout les
congolais, qui y voyaient une ingérence de très
mauvais goût.
Face
à
ce tollé
le président français se rétracta. Mais, parlait-il
d’une réalité de facto que personne ne veut
reconnaitre ou bien désirait-il simplement voir
l’effet que cette phrase aurait dans l’opinion
congolaise et internationale ?
Face
à
l’ingérence étrangère et aux pressions multiples
auxquelles le Congo est confronté,
le minimum
à
faire est de s’armer pour avoir une force de
dissuasion robuste, une armée disciplinée et
bien équipée. Doit-on ajouter que les
récentes opérations conjointes entre le Congo et le
Rwanda au Kivu pour enrayer les FDLR mettent au jour
les faiblesses militaires congolaises. Si nous
avions une armée digne de ce nom, ferions-nous
recours
à
l’armée rwandaise ? Est-ce que l’armée congolaise a
été invitée à faire des opérations stratégiques chez
ses voisins, alors que, eux, sont renseignés
sur notre structure militaire et nos points faibles?
En outre
des accords divers, des négociations commerciales,
bilatérales et multilatérales, animés par les
gouvernements congolais et pays voisins, la
sécurisation de nos frontières, la consolidation
de l’armée, la modernisation des services de
sécurité, et j’en passe, restent majeures. Le Congo
ne cherche pas la guerre, mais si en s’armant il
peut éviter les conflits, alors c’est tant mieux.
L’investissement dans le social, la santé
et l’éducation est primordial, mais sans une paix
durable, tout cela ne servira à rien. Il faut dont
avoir une vision anticipative et investir
concomitamment dans tous ces secteurs, y compris
dans l’armement. Cela coûte
cher, mais en vaut bien la peine dans le court comme
dans le long terme. Servons nous des leçons de notre
propre histoire afin d’éviter que certains méfaits
ne se répètent.
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